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"La notion de bien et de mal dans la production de la politique intérieure et extérieure américaine" par Souleymane Sadio Diallo

le 4 juillet 2011

lundi 4 juillet 2011 à 10h
A l'Université de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines
Faculté de Droit et de Science Politique
Salle du conseil
3 rue de la Division Leclerc 78280 Guyancourt

Par Monsieur Souleymane Sadio Diallo Discipline : Science Politique Laboratoire : VIP

La notion de Bien et de Mal est un concept utilisé aux Etats-Unis depuis l’indépendance du pays. Cependant, l’utilisation de cette notion a pris une nouvelle dimension avec le développement et la transformation du conservatisme dans la première moitié du XIXème siècle, et qui s’est accentuée dans les dernières décennies de ce vingtième siècle. La révolution culturelle en Amérique après la seconde guerre mondiale et la lutte contre le l’empire soviétique considéré comme un « mal » par les dirigeants américains en particulier Reagan Ronald ont participé à la droitisation de l’opinion publique américaine et au triomphe du conservatisme. Cette notion sujette à différentes interprétations est aujourd’hui source de violents affrontements au niveau des Etats avec des conséquences gigantesques sur les relations internationales. Les mouvements intégristes islamistes et évangéliques ne cessent d’utiliser cette notion pour imposer leur vision politico-religieuse du monde. D’où le développement du terrorisme. Pour les théoriciens néo-conservateurs, la meilleure réponse à la question du terrorisme suite aux attentats du 11 septembre 2001 est que les Etats-Unis assument leur rôle impérial en utilisant le plus souvent le hard power. Les attaques du 11 septembre étaient selon eux, la conséquence du renoncement partiel à cet esprit hégémonique. Du conservateur Ronald Reagan au religieux George W. Bush, les néo-conservateurs, ces anciens libéraux, venus de la gauche, reconvertis au conservatisme pur et dur, obsédés par la notion de puissance ont travaillé dans l’ombre pour élaborer toute une théorie et philosophie sur le rôle de l’Amérique dans les relations internationales, sur ses valeurs traditionnelles et sur son identité nationale. En effet, depuis la défaite au Vietnam, Washington avait subi une série de revers militaires, mais, également politiques dont l’Union Soviétique avait bénéficiée. A cela s’ajoute les problèmes économiques, culturels, et sociaux. Ces adeptes de Léo Strauss, qui ont chanté les louanges de Roosevelt, voire de Truman, et qui ont été marqués par ces événements, sont devenus les apôtres de l’impérialisme et d’un nouveau messianisme dans le but de défendre les intérêts et le leadership américain. Pendant longtemps, la puissance américaine a été utilisée officiellement au service des peuples opprimés dans le cadre de l’ONU, et à titre défensif, mais avec l’administration Bush Junior on a assisté à une croisade contre l’ « axe du mal » avec la mise en œuvre de la guerre préventive, considérée par les néo-conservateurs comme une théorie reposant sur des arguments justes. L’Opération Liberté en Irak a été menée, non pas en fonction des principes philosophiques qui dictent la doctrine de la guerre juste, mais au nom de la raison du plus fort. Où l’objectif était vraisemblablement de mettre en pratique la vision idéaliste, manichéenne des néo-conservateurs et de contrôler des positions stratégiques. Son application marque un tournant dans les relations internationales. Le retour du Parti Démocrate au pouvoir avec Barack Obama, lequel symbolise l’ouverture et l’espoir aux Etats-Unis, et dans le monde n’occulte guère, au-delà de son pragmatisme, l’idée que dans la perception américaine, le Mal est partout et guette le territoire américain. D’où la nécessité de recourir à la force si nécessaire pour protéger les frontières et les intérêts vitaux américains.

Abstract :
The concept of Good and Evil is a concept used in the United States since the country's independence. However, the use of this concept has taken a new dimension with the development and transformation of conservatism in the first half of the nineteenth century, which accelerated in the last decades of the twentieth century. The Cultural Revolution in America after the Second World War and the fight against the Soviet empire considered as an "evil" by U.S. officials in particular Ronald Reagan attended the rightward of the American public opinion and the triumph of conservatism. This concept subject to different interpretations is now a source of violent clashes at the state level with huge consequences on international relations. The Islamist fundamentalist and evangelical movements continue to use this concept to impose their political-religious world. Hence the development of terrorism. For theorists neoconservatives, the best answer to the question of terrorism following the attacks of September 11, 2001 is that the U.S. face their imperial role by using the most hard power. The attacks of September 11 were in their view, the result of partial renunciation hegemonic spirit. From the conservative Ronald Reagan to the religious George W. Bush, the neo-conservatives, these former liberals from the left, converted to conservatism hardcore, obsessed by the notion of power worked behind the scenes to develop a theory and philosophy on the role of America in international relations, its traditional values and national identity. Indeed, since the defeat in Vietnam, Washington had suffered a series of military setbacks, but also policies that the Soviet Union had benefited. Add to this the economic, cultural, and social. These followers of Leo Strauss, who sang the praises of Roosevelt or Truman, and which were marked by these events, have become apostles of imperialism and a new messianism in order to defend the interests and American leadership. For years, American power has been used officially in the service of oppressed peoples in the UN framework, and defensively, but with Bush Jr. administration has seen a crusade against the "axis of evil" with implementation of preventive war, regarded by the neo-conservatives as a theory based on correct arguments. Operation Iraqi Freedom was conducted, not by philosophical principles that dictate the doctrine of just war, but in the name of the fittest. Where the goal was probably to practice the idealistic vision, Manichean neo-conservatives and control of strategic positions. Its application is a milestone in international relations. The return of the Democratic Party administration with Barack Obama, which symbolizes openness and hope in the U.S. and the world obscures much beyond its pragmatism, the idea that the U.S. perception, Evil is everywhere and is watching the United States. Hence the need to use force if necessary to protect the borders and vital American interests.

Informations complémentaires
Josépha LAROCHE, Professeur des Universités, à l’Université de Paris I Sorbonne – Rapporteur
Daniel LINDENBERG, Professeur des Universités, à l’Université de Paris VIII Vincennes Saint-Denis – Rapporteur
Armelle LE BRAS-CHOPARD, Professeur des Universités, à l’Université de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines – Directrice de thèse
Yves POIRMEUR, Professeur des Universités, à l’Université de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines – Examinateur